Série L :
* Le langage trahit-il la pensée ?
* L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ?
* Expliquer le texte suivant :
"La satisfaction, le bonheur, comme l'appellent les hommes, n'est au propre et
dans son essence rien que de négatif , en elle, rien de positif. Il n'y a pas de
satisfaction qui, d'elle-même et comme de son propre mouvement, vienne à nous ,
il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Le désir, en effet, la
privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or, avec la
satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi. Donc la
satisfaction, le contentement, ne sauraient être qu'une délivrance à l'égard
d'une douleur, d'un besoin , sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet
seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par
son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait
de l'existence un fardeau. Maintenant, c'est une entreprise difficile d'obtenir,
de conquérir un bien quelconque , pas d'objet qui ne soit séparé de nous par des
difficultés, des travaux sans fin , Sur la route, à chaque pas, surgissent des
obstacles. Et la conquête une fois faite, l'objet atteint, qu'a-t-on gagné ?
Rien assurément, que de s'être délivré de quelque souffrance, de quelque désir,
d'être revenu à l'état où l'on se trouvait avant l'apparition de ce désir. Le
fait immédiat pour nous, c'est le besoin tout seul, c'est-à-dire la douleur.
Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître
qu'indirectement : il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la
privation passées, qu'elles ont chassées tout d'abord. Voilà pourquoi les biens,
les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n'en avons pas une
vraie conscience, nous ne les apprécions pas, il nous semble qu'il n'en pouvait
être autrement, et en effet, tout le bonheur qu'ils nous donnent, c'est
d'écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre, pour en sentir le
prix, le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans
intermédiaire s'offre à nous."
Schopenhauer, Monde comme Volonté et comme Représentation (Livre IV, §58)
La connaissance de la doctrine de
l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende
compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série S :
* Est-il absurde de désirer l'impossible ?
* Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?
* Expliquer le texte suivant :
"Les affaires générales d'un pays n'occupent que les principaux citoyens.
Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme
il arrive souvent qu'ensuite ils se perdent de vue, il ne s'établit pas entre
eux de liens durables. Mais, quand il s'agit de faire régler les affaires
particulières d'un canton par les hommes qui l'habitent, les mêmes individus
sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et
de se complaire.
On tire difficilement un homme de lui-même pour l'intéresser à la destinée de
tout l'État, parce qu'il comprend mal l'influence que la destinée de l'État peut
exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son
domaine, il verra d'un premier coup d'œil qu'il se rencontre un rapport entre
cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il
découvrira, sans qu'on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l'intérêt
particulier à l'intérêt général.
C'est donc en chargeant les citoyens de l'administration des petites affaires,
bien plus qu'en leur livrant le gouvernement des grandes, qu'on les intéresse au
bien public et qu'on leur fait voir le besoin qu'ils ont sans cesse les uns des
autres pour le produire.
On peut, par une action d'éclat, captiver tout à coup la faveur d'un peuple;
mais, pour gagner l'amour et le respect de la population qui vous entoure, il
faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs,
une habitude constante de bienveillance et une représentation bien établie de
désintéressement.
Les libertés locales, qui font qu'un grand nombre de citoyens mettent du prix à
l'affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les
hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les
forcent à s'entraider."
Alexis de Tocqueville
(1835-1840), De la démocratie en Amérique
La connaissance de la doctrine de l'auteur
n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par
la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série ES :
* Que gagne-t-on à échanger ?
* Le développement technique transforme-t-il les hommes ?
* Expliquer le texte suivant :
"Quant à savoir s'il existe le moindre principe moral qui fasse l'accord de
tous, j'en appelle à toutes personne un tant soit peu versée dans l'histoire de
l'humanité qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où
trouve-t-on cette vérité pratique universellement accepté sans doute ni
problèmes aucuns, comme devrait l'être une vérité innée ? La justice et le
respect des contrats semblent faire l'accord du plus grand nombre ; c'est un
principe qui pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans
les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin
dans l'abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.
Je reconnais que les hors la loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces
règles ne sont pas respectées comme des lois de la nature innées : elles sont
appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut
concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et
assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme
un principe.
La justice et la vérité sont des liens élémentaires de toute société : même les
hors la loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent
donc garder entre eux la fidélité et les règles de l'équité, sans quoi ils ne
pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude
et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu'ils acceptent
et reconnaissent ?"
Locke,
Essai sur l'entendement humain
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par
la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Séries Technologiques :
* Peut-on être sûr d’avoir raison ?
* La technique s’oppose-t-elle à la nature ?
* Texte :
Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes,
qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas
indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d'abord étudié
dans son ensemble.
"La loi ne
consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu'à le guider
vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit
pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S'ils pouvaient être
plus heureux sans elle, la loi s'évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de
tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que,
quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n'est pas d'abolir ou de
restreindre mais de préserver et d'élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui
sont capables de vivre d'après des lois, là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas de liberté. Car la liberté
consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être
lorsqu'il n'y a point de loi ; mais la liberté n'est pas ce que l'on nous
dit, à savoir une liberté, pour tout
homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n'importe quel homme peut nous imposer ses
humeurs ?). Mais c'est une liberté de disposer et d'ordonner comme on l'entend sa personne,
ses actions, ses biens et l'ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les
lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être
assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa
propre volonté."
Locke
Questions :
1. Dégagez la thèse de ce texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.
2.
a. Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s'oppose dans ce texte.
b. En vous appuyant sur l'image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».
c. Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.
3. La loi est-elle la condition de la liberté ?
Concours général :
* L'ineffable.
* L’art nous détourne-t-il de la connaissance du monde ?