Série L :
* La perception peut-elle s'éduquer ?
* Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?
* Expliquer le texte suivant :
"Puisque la liberté exige que la réussite ne découle pas de la décision comme une conséquence, il faut que la réalisation
puisse à chaque instant ne pas être, pour des raisons indépendantes du
projet même et de sa précision ; ces raisons forment l’extériorité
par rapport à tout projet et la liberté est la perpétuelle invention des
moyens de tourner ces difficultés extérieures, mais il est bien entendu que
la réussite doit être seulement possible, c’est-à-dire qu’il n’y a
action que si les difficultés extérieures peuvent toujours être si élevées
ou si neuves que l’invention humaine ne puisse pas les surmonter. Ainsi
est-il toujours entendu à la fois que l’entreprise humaine a réussi à
cause de la libre décision et de la libre inventivité qui a surmonté les
obstacles et à la fois qu’elle a réussi parce que ce sont ces
obstacles-là et non d’autres plus grands qui lui ont été imposés. Toute
entreprise humaine réussit par hasard et en même temps réussit par
l’initiative humaine. Si le tireur n’avait pas eu le soleil dans l’œil il
m’atteignait, je manquais ma mission de reconnaissance. Il s’en est donc
fallu d’un rayon de soleil, de la vitesse d’un nuage, etc. Mais, en même
temps, mes précautions étaient prises pour éliminer tous les dangers
prévisibles. En un mot les possibles se réalisent dans la probabilité.
La liberté se meut dans la sphère du probable, entre la totale ignorance et
la certitude ; et le probable vient au monde par l’homme."
Sartre, Cahiers pour une morale
La connaissance de la doctrine de
l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende
compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série S :
* L'art transforme-t-il notre conscience du réel ?
* Y a-t-il d'autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ?
* Expliquer le texte suivant :
"Si la morale ne considère que l'action juste
ou injuste, si tout son rôle est de tracer nettement, à quiconque a résolu
de ne pas faire d'injustice, les bornes où se doit contenir son activité, il
en est tout autrement de la théorie de l'État. La science de l'État, la
science de la législation n'a en vue que la victime de l'injustice ; quant à
l'auteur, elle n'en aurait cure, s'il n'était le corrélatif forcé de la
victime ; l'acte injuste, pour elle; n'est que l'adversaire à l'encontre de
qui elle déploie ses efforts ; c'est à ce titre qu'il devient son objectif.
Si l'on pouvait concevoir une injustice commise qui n'eût pas pour
corrélatif une injustice soufferte, l'État n'aurait logiquement pas à
l'interdire. Aux yeux de la morale, l'objet à considérer, c'est la volonté,
l'intention ; il n'y a pour elle que cela de réel ; selon elle, la volonté
bien déterminée de commettre l'injustice, fût-elle arrêtée et mise à néant,
si elle ne l'est que par une puissance extérieure, équivaut entièrement à
(injustice consommée ; celui qui l'a conçue, la morale le condamne du haut
de son tribunal comme un être injuste. Au contraire, l'État n'a nullement à
se soucier de la volonté, ni le l'intention en elle-même ; il n'a affaire
qu'au fait (soit accompli, soit tenté), et il le considère chez l'autre
terme de la corrélation, chez la victime , pour lui donc il n'y a de réel
que le fait, l'événement. Si parfois il s'enquiert de l'intention, du but,
c'est uniquement pour expliquer la signification du fait. Aussi l'État ne
nous interdit pas de nourrir contre un homme des projets incessants
d'assassinat, d'empoisonnement, pourvu que la peur du glaive et de la roue
nous retienne non moins incessamment et tout à fait sûrement de passer à
l'exécution. L'État n'a pas non plus la folie prétention de détruire le
penchant des gens à l'injustice, ni les pensées malfaisantes ; il se borne à
placer, à côté de chaque tentation possible, propre à nous entraîner vers
l'injustice, un motif plus fort encore, propre à nous en détourner ; et ce
second motif, c'est un châtiment inévitable.
A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation
La connaissance de la doctrine de l'auteur
n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par
la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série ES :
* Peut-on désirer sans souffrir ?
* Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même ?
* Expliquer le texte suivant :
Je regarde comme [...] détestable cette
maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de
tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine
de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même ?
Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas
seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous
les hommes. Cette loi, c'est la justice.
La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et
d'appliquer la justice, qui est sa loi. Le jury, qui représente la société,
doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois ?
Quand donc je refuse d'obéir à une loi
injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander ; j'en
appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. [...]
Qu'est-ce donc qu'une majorité prise
collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des
intérêts contraires à un autre individu qu'on nomme la minorité ? Or, si
vous admettez qu'un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre
ses adversaires, pourquoi n'admettez-vous pas la même chose pour une
majorité ? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère ?
Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ?
Pour moi, je ne saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je
refuse à un seul de mes semblables, je ne l'accorderai jamais à plusieurs.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par
la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Séries Technologiques :
* Peut-on aimer une œuvre d'art sans la comprendre ?
* Est-ce à la loi de décider de mon bonheur ?
* Texte :
"Lorsque, dans les matières qui se fondent
sur l'expérience et le témoignage, nous bâtissons notre connaissance sur
l'autorité d'autrui, nous ne nous rendons ainsi coupables d'aucun préjugé ;
car, dans ce genre de choses, puisque nous ne pouvons faire nous-mêmes
l'expérience de tout ni le comprendre par notre propre intelligence, il faut
bien que l'autorité de la personne soit le fondement de nos jugements. -
Mais lorsque nous faisons de l'autorité d'autrui le fondement de notre
assentiment* à l'égard de connaissances rationnelles, alors nous admettons
ces connaissances comme simple préjugé. Car c'est de façon anonyme que
valent les vérités rationnelles ; il ne s'agit pas alors de demander: qui a
dit cela? mais bien qu'a-t-il dit? Peu importe si une connaissance a une
noble origine ; le penchant à suivre l'autorité des grands hommes n'en est
pas moins très répandu tant à cause de la faiblesse des lumières
personnelles que par désir d'imiter ce qui nous est présenté comme grand.
* donner son assentiment: approuver et tenir pour vrai.
Kant
Pour expliquer ce texte, vous répondrez
aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre
rédaction. Elles ne sont pas indépendantes et demandent que le texte soit d'abord étudié dans son ensemble.
1.
a) Le texte est construit à partir d'une distinction. A quelle thèse conduit-elle?
b) Analysez les étapes de l'argumentation.
2. Expliquez
a) «nous ne nous rendons ainsi coupables d'aucun préjugé» et «alors nous admettons ces connaissances comme simple préjugé».
b) «c'est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles»
3. Quand on cherche la vérité, faut-il rejeter l'autorité d'autrui ?
Concours général :
* Comment être certain que la vie n'est pas un songe ?
* Mes valeurs.