Série L :
* Doit-on tout attendre de l'Etat ?
* La notion d'inconscient psychique est-elle contradictoire ?
* Expliquer le texte suivant :
"L’origine de toutes les erreurs est, en un certain sens, la même que celle des
erreurs de calcul, qui arrivent aux arithméticiens. En effet, il
arrive souvent qu’à défaut d’attention ou de mémoire, nous faisons
ce qu’il ne faut pas faire ou que nous omettons ce qu’il faut faire,
ou bien que nous croyons avoir fait ce que nous n’avons pas fait, ou
que nous avons fait ce que nous croyons n’avoir pas fait. Ainsi, il
arrive que, dans le calcul (auquel correspond le raisonnement dans
l’esprit), on oublie de poser certains signes nécessaires, ou qu’on
en mette qu’il ne faut pas ; qu’on néglige un des éléments du calcul
en les rassemblant, ou qu’on opère contre la règle. Lorsque notre
esprit est fatigué ou distrait, il ne fait pas suffisamment
attention aux opérations qu’il est en train de faire, ou bien, par
une erreur de mémoire, il accepte comme déjà prouvé ce qui s’est
seulement profondément enraciné en nous par l’effet de répétitions
fréquentes, ou d’un examen prolongé, ou d’un désir ardent. Le remède
à nos erreurs est également le même que le remède aux erreurs de
calcul : faire attention à la matière et à la forme , avancer
lentement, répéter et varier l’opération, recourir à des
vérifications et à des preuves, découper les raisonnements étendus,
pour permettre à l’esprit de reprendre haleine, et vérifier chaque
partie par des preuves particulières. Et puisque dans l’action on
est quelquefois pressé, il est important de s’habituer à garder le
sang-froid et la présence d’esprit, à l’exemple de ceux qui, même au
milieu du bruit et sans calculer par écrit, savent exécuter des
opérations sur des nombres très élevés. Ainsi l’esprit s’habitue à
ne pas se laisser facilement distraire par les sensations externes
ou par ses imaginations et ses affections propres, mais à rester
maître de ce qu’il est en train de faire, à conserver sa faculté
critique ou, comme on dit communément, son pouvoir de faire retour
sur lui-même, de manière à pouvoir, tel un moniteur étranger, se
dire sans cesse à lui-même : vois ce que tu fais, pourquoi le fais-tu actuellement ?"
Leibniz, Remarques sur Descartes
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il
suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du
texte, du problème dont il est question.
Série S :
* Les hommes ont-ils besoin d’être gouvernés ?
* Faut-il chercher à tout démontrer ?
* Expliquez le texte suivant :
" Le fait que l'ami est autre que le flatteur semble montrer, clairement
que plaisir n'est pas un bien, ou qu'il y a des plaisirs spécifiquement
différents. L'ami, en effet; parait rechercher notre compagnie pour
notre bien, et le flatteur pour notre plaisir, et à ce dernier on
adresse des reproches et à l'autre des éloges, en raison des fins
différentes pour lesquelles ils nous fréquentent. En outre, nul homme ne
choisirait de vivre en conservant durant toute son existence
l'intelligence d'un petit enfant, même s'il continuait à jouir le plus
possible des plaisirs de l’enfance , nul ne choisirait non plus de
ressentir du plaisir en accomplissant un acte particulièrement
déshonorant, même s’il ne devait jamais en résulter pour lui de
conséquence pénible. Et il y a aussi bien des avantages que nous
mettrions tout notre empressement a obtenir, même s'ils ne nous
apportaient aucun plais, comme voir, se souvenir, savoir, posséder les
vertus, fait des plaisirs accompagnent nécessairement ces avantages ne
fait pour nous aucune différence, puisque nous les choisirions quand
bien même ils ne seraient pour nous la source d'aucun plaisir. Qu'ainsi
donc le plaisir ne soit pas le bien, ni que tout plaisir soit désirable,
c'est la une chose, semble-t-il, bien évidente."
Aristote, Ethique à Nicomaque
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. II faut et il
suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du
texte, du problème dont il est question.
Série ES :
* Qu'est-ce que comprendre autrui ?
* Toute vérité est-elle démontrable ?
* Expliquer le texte suivant :
" Il y a une vérité dont !a connaissance me semble fort utile : qui est que, bien que
chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par
conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du
monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on
est, en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement
encore l'une des parties de cette terre, l'une des parties de cet État, de
cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par
son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du
tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier ; toutefois
avec mesure et discrétion1, car on aurait tort de s'exposer à un grand mal,
pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays ; et si un
homme vaut plus; lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas
raison de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soimême, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes,
lorsqu'on croirait en retirer quelque petite commodité, et on n'aurait
aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni généralement aucune vertu ; au
lieu qu'en se considérant comme une partie du public, on prend plaisir à
faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d'exposer sa vie
pour !e service d'autrui, lorsque l'occasion s'en présente ; voire on
voudrait perdre son âme, s'il se pouvait, pour sauver les autres."
DESCARTES, Lettre à Elisabeth
1 ici : discernement.
La
connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. II faut et il
suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du
texte, du problème dont il est question.
Concours général :
* Le droit peut-il faire abstraction de la morale ?
* L'art peut-il nous apprendre ce qu'est la vérité ?
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