Série L :
* Le bonheur est-il affaire privée ?
* L'idée d'une liberté totale a-t-elle un sens ?
* Expliquez le texte suivant :
"Les noms des choses qui ont la propriété de nous affecter, c'est-à-dire de
celles qui nous procurent du plaisir ou du déplaisir, ont, dans la
conversation courante des hommes, une signification changeante parce que
tous les hommes ne sont pas affectés de la même façon par la même chose,
ni le même homme à des moments différents. Etant donné en effet que tous
les noms sont donnés pour signifier nos représentations et que toutes
nos affections ne sont rien d'autre que des représentations, lorsque
nous avons des représentations différentes des mêmes choses, nous ne
pouvons pas facilement éviter de leur donner des noms différents. Car
même si la nature de ce que nous nous représentons est la même, il reste
que la diversité des façons que nous avons de la recueillir, diversité
qui est fonction de la différence de constitution de nos corps et des
préventions de notre pensée, donne à chaque chose une teinture de nos
différentes passions. C'est pourquoi, lorsqu'ils raisonnent, les hommes
doivent prendre garde aux mots, lesquels ont aussi, au delà de la
signification de ce que nous imaginons leur être propre, une
signification renvoyant à la nature, à la disposition et à l'intérêt de
celui qui parle; tels sont les noms des vertus et des vices : car un
homme appelle sagesse ce qu'un autre appelle crainte; et l'un appelle
cruauté ce qu'un autre appelle justice; l'un prodigalité ce qu'un autre
appelle magnificence; l'un gravité ce qu'un autre appelle stupidité,
etc. Il en résulte que de tels noms ne peuvent jamais être les
véritables fondements d'aucune espèce de raisonnement. Les métaphores et
les figures du discours ne le peuvent pas davantage : mais elles sont
moins dangereuses parce qu'elles professent leur caractère changeant, ce
que ne font pas les autres noms."
Thomas Hobbes, Léviathan
La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et
il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise
du texte, du problème dont il est question.
Série S :
* La vérité dépend-elle de nous ?
* Prendre conscience de soi est-ce devenir étranger à soi ?
* Expliquez le texte suivant :
"La raison (...) énonce en nous son veto irrésistible : Il ne doit y avoir
aucune guerre; ni celle entre toi et moi dans l'état de nature, ni celle
entre nous en tant qu'Etats, qui bien qu'ils se trouvent intérieurement
dans un état légal, sont cependant extérieurement (dans leur rapport
réciproque) dans un état dépourvu de lois - car ce n'est pas ainsi que
chacun doit chercher son droit. Aussi la question n'est plus de savoir
si la paix perpétuelle est quelque chose de réel ou si ce n'est qu'une
chimère et si nous ne nous trompons pas dans notre jugement théorique,
quand nous admettons le premier cas, mais nous devons agir comme si la
chose qui peut-être ne sera pas devait être, et en vue de sa fondation
établir la constitution (...) qui nous semble la plus capable d'y mener
et de mettre fin à la conduite de la guerre dépourvue de salut vers
laquelle tous les Etats sans exception ont jusqu'à maintenant dirigé
leurs préparatifs intérieurs, comme vers leur fin suprême. Et si notre
fin, en ce qui concerne sa réalisation, demeure toujours un vœu pieux,
nous ne nous trompons certainement pas en admettant la maxime d'y
travailler sans relâche, puisqu'elle est un devoir."
Emmanuel KANT, Métaphysique des mœurs, Première partie : Doctrine du droit.
La
connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il
suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du
texte, du problème dont il est question.
Série ES :
* Pourquoi sommes-nous sensibles à la beauté ?
* Le dialogue est-il le chemin de la vérité ?
* Expliquer le texte suivant :
"La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces
changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais
devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui
des mêmes intrigues qu'hier et que de tout temps: elle doit donc
reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes,
survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la
même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes
et des mœurs. Cet élément identique, et qui persiste à travers tous les
changements, est fourni par les qualités premières du cœur et de
l'esprit humains -beaucoup de mauvaises et peu de bonnes. La devise
générale de l'histoire devrait être : Eadem, sed aliter [les mêmes
choses, mais d'une autre manière]. Celui qui a lu Hérodote a étudié
assez l'histoire pour en faire la philosophie; car il y trouve déjà tout
ce qui constitue l'histoire postérieure du monde : agitations, actions,
souffrances et destinée de la race humaine, telles qu'elles ressortent
des qualités en question et du sort de toute vie sur terre."
SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation
La connaissance de la
doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que
l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
Série S.T.T. :
* Respecter la nature, est-ce renoncer à la transformer ?
* L'homme cherche-t-il toujours à connaître la vérité ?
* TEXTE :
"Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice. Tous veulent que
les conditions soient égales pour tous, et la justice n'est que cette
égalité. Le citoyen ne veut que les lois et que l'observation des lois.
Chaque particulier1 dans le peuple sait bien que s'il y a des exceptions,
elles ne seront pas en sa faveur. Ainsi tous craignent les exceptions, et
qui craint les exceptions aime la loi.
Chez les chefs c'est toute autre chose, (...) ils cherchent des préférences partout.
S'ils veulent des lois, ce n'est pas pour leur obéir, c'est pour en être les
arbitres. Ils veulent des lois pour se mettre à leur place et pour se faire
craindre en leur nom. Tout les favorise dans ce projet. Ils se servent des
droits qu'ils ont pour usurper2 sans risque ceux qu'ils n'ont pas."
Jean-Jacques ROUSSEAU.
1
« particulier » : individu, personne singulière.
2 « usurper » : commettre un abus en prétendant avoir le droit pour soi.
QUESTIONS :
1) Dégagez l'idée centrale du texte et les étapes du raisonnement.
2) Expliquez:
a)
« le plus grand intérêt public est toujours la justice ».
b) « qui
craint les exceptions aime la loi ».
3) Pourquoi l'égalité est-elle essentielle au droit ?
Concours général :
* De quelle liberté l'art témoigne-t-il ?
* La morale exige-t-elle que le bien coûte plus que le mal ?
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