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Bonheur

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La fin de toutes les fins

        Il n'y a pas d'acte gratuit. L'action entreprise l'est toujours en vue d'un but, même si celui-ci peut être complexe, voire confus, et pourquoi pas même contradictoire. C'est la finalité qui donne son sens à l'action : on fait ceci pour cela. On travaille pour avoir son bac. Mais pourquoi avoir son bac ? On passe son bac pour pouvoir faire des études. Et pourquoi faire des études ? On fait des études pour acquérir une formation et un métier. On acquiert un métier (entre autres) pour gagner de l'argent. On gagne de l'argent (entre autres, et par exemple) pour s'acheter une maison. On s'achète une maison pour s'y installer en famille, etc. On voit ainsi qu'une action prend son sens en vue d'une autre, qui elle même ne prend le sien qu'en vue d'une troisième, et ainsi de suite. S'il n'existe pas de terme à cette suite, l'ensemble de la chaîne devient au fond absurde, autant alors s'abstenir dès le premier pas. L'ensemble de toutes nos actions serait donc  insensé s'il ne se rapportait pas en dernière instance à quelque chose qui ne se rapporte pas à autre chose, à la possession d'un bien ultime recherché pour lui-même. Ce bien ultime, les grecs anciens l'appellent le souverain bien. "Quel est, demande Aristote dans son "Éthique à Nicomaque", le souverain bien de notre activité ? Sur son nom du moins, il y a un assentiment presque général : c'est le bonheur".

Un idéal de l'imagination

        Tout le monde s'accorde (y compris les masochistes) sur le fait que le souverain bien est la recherche du bonheur. Mais cette belle unanimité ne va pas au delà du mot. Aristote remarque que si l'on demande d'en préciser le sens, on obtient des uns et des autres des réponses fort différentes : pour les uns, le plaisir, pour d'autres la richesse ou les honneurs, pour d'autres encore la tranquillité, et bien d'autres aspirations diverses. On voit bien que le contenu de la notion dépend des circonstances historiques, sociales, psychologiques, et renvoie donc à la subjectivité de chacun. Faut-il alors se contenter d'un "chacun son bonheur" ?
        Mais c'est encore s'illusionner beaucoup que de croire que chacun saurait déterminer avec rigueur ce qui est susceptible de le rendre heureux. Avec un peu de lucidité, plus facile à l'égard d'autrui que de soi-même, on s'aperçoit que chacun court après des chimères, dont il ne peut rêver obtenir tant que parce qu'il n'aura jamais la déception de les atteindre. Sait-on ce qui peut rendre heureux ? Un sentiment intense de bonheur peut émerger d'une situation qu'on n'avait pas prévue, ou dont on n'attendait pas tant, voire dont on n'attendait rien du tout. Plus troublant, sait-on qu'on est heureux quand on est heureux, ou ne prend-on conscience qu'après coup qu'on l'avait été ? Il paraît bien difficile en la matière de déterminer de façon précise de quoi l'on parle.
        Il existe bien une indétermination radicale du concept de bonheur : " malgré le désir qu'a tout homme d'arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut." (Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs). Et de conclure " le bonheur est un idéal non de la raison, mais de l'imagination." 

Le bonheur comme adéquation à soi-même dans l'action

        La notion de bonheur n'est-elle que le lieu de convergence des fantasmes individuels ou collectifs, ou peut-on quand même tenter de définir ce que peut être une "bonne" vie ? Le bonheur est pour Aristote plaisir (hêdoné en grec, d'où le terme d'eudémonisme). Le plaisir, c'est la conformité à soi-même, acquise par la réalisation de sa nature propre. Le bonheur, pour une plante par exemple, c'est de croître. Le bonheur est donc essentiellement action : "Sans activité, pas de plaisir, sans plaisir, pas d'activité qui soit parfaite". (Éthique à Nicomaque). Le plaisir, c'est celui de mener l'activité pour laquelle on est fait. De là se dégage un principe fondamental d'éducation, un critère de vie essentiel : chacun doit exercer l'activité qui est conforme à sa nature interne, à ses aptitudes véritables. " La vie est une certaine activité, et chaque homme exerce son activité dans le domaine et avec les facultés qui ont pour lui le plus d'attrait : par exemple, le musicien exerce son activité, au moyen de l'ouïe, sur les mélodies, l'homme d'étude au moyen de la pensée, sur les spéculations de la science, et ainsi de suite dans chaque cas." Ainsi comprend-on que la multiplicité des contenus possibles se fait néanmoins dans le cadre d'une même logique.

Bonheur et vertu

        Mais "le propre de l'homme est l'activité de l'âme". L'accomplissement de sa nature consiste donc à mener une vie d'activité de l'âme, c'est-à-dire une vie réfléchie, dans laquelle "tout se fait selon le Bien et le Beau, chacun de ses actes s'exécutant à la perfection selon la vertu qui lui est propre". Une vie heureuse est une vie dans laquelle les vertus (sagesse, tempérance, courage, justice) sont exercées avec cette réflexion mesurée qu' Aristote appelle la prudence. Les vertus sont la condition du bonheur , elles permettent en outre d'obtenir ce bien précieux entre tous : l'estime de soi. Réciproquement, le bonheur est un signe de la vertu. Le souverain bien est, pour Aristote, l'union inséparable du bonheur et de la vertu. Le bonheur n'est donc pas l'affaire d'un instant, mais l'histoire d'une vie. " Car une hirondelle ne fait pas le printemps, non plus qu'une seule journée de soleil ; de même ce n'est ni un seul jour ni un court intervalle de temps qui font la félicité et le bonheur" (Éthique à Nicomaque).
        La plus haute tâche que l'âme puisse accomplir est la saisie intellectuelle des premiers principes et de la raison de toutes choses. Il y a donc pour Aristote une forme supérieure du bonheur, sagesse suprême qui procure la joie la plus pure, celle qui se suffit le plus à elle-même, et qu'il appelle la vie contemplative : "cette activité est la plus haute, puisque l'intellect est la meilleure partie de nous-mêmes, et qu'aussi les objets sur lesquels porte l'intellect sont les plus hauts de tous les objets connaissables.) La vie contemplative est un idéal auquel peu d'hommes peuvent prétendre et même le sage reste marqué par les limites de sa nature mortelle. Elle manifeste en nous notre participation au divin.

L'ataraxie épicurienne

        La qualification d'épicurien pour un homme qui ne vit que dans la recherche de tous les plaisirs est un contresens, fort ancien au demeurant, par rapport à la philosophie morale de l'épicurisme (qui comporte également une théorie de la connaissance). En effet si pour Épicure, ou plus tard pour Lucrèce, le plaisir est le bien primitif conforme à notre nature, "le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse", le premier de tous les plaisirs est de ne pas souffrir. Il faut alors prendre garde que bien des plaisirs sont accompagnés, que ce soit rapidement ou en conséquences lointaines, de souffrances. Il faut donc soigneusement réfléchir à ce qu'une action peut comporter respectivement de plaisirs et de souffrances, ce qui donnera lieu à une sorte de "calcul des plaisirs". Mais celui-ci n'est pas très évident à établir, d'une part par la fréquente non simultanéité des deux aspects, d'autre part par la difficulté qu'il y a à comparer des aspects de nature fort hétérogènes. La perspective du déplaisir doit donc fréquemment nous amener à renoncer : "il y a des cas où nous passons par dessus beaucoup de plaisirs, savoir lorsqu'ils doivent avoir pour suite des peines qui les surpassent." (Epicure, Lettre à Ménécée).
        La première des sagesses consistera donc à s'interroger sur les différentes sortes de désir auxquels nous avons affaire : "Il faut en outre considérer que les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires, les autres naturels seulement. Parmi les désirs nécessaires, les uns sont pour le bonheur, les autres pour l'absence de souffrance du corps, les autres pour la vie même." (Lettre à Ménécée). Si le plaisir est d'abord absence de souffrance, le souci premier doit être d'éviter les douleurs, et pour cela rester très prudent dans la réalisation des désirs. La prudence devient ainsi la première des vertus. Le bonheur épicurien devient alors essentiellement une stratégie d'évitement. Ce qui engendre la vie heureuse, "c'est le raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu'il faut choisir et de ce qu'il faut éviter, et de rejeter les vaines opinions d'où provient le plus grand trouble des âmes." Loin d'être une recherche de tous les plaisirs, l'épicurisme est à l'opposé la recherche de la tranquillité, il vise un idéal d'absence de trouble, ce que l'on appelle ataraxie.

Le stoïcisme et la tranquillité de l'âme

        Les deux grandes idées de départ du stoïcisme sont :
- Il nous faut distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas. Il est en effet vain de s'agiter contre ce qui ne dépend pas de nous, et qui continuera à exister comme il existait quoique nous fassions, d'autant que c'est souvent pour fuir la prise en charge de ce qui réellement dépend de nous. "Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. (...) Ce qui dépend de nous es, par sa nature même, soumis à notre libre volonté ; nul ne peut nous empêcher de le faire, ni nous entraver dans notre action. Ce qui ne dépend pas nous est sans force propre." (Epictète, Manuel).
- Les choses en elles-mêmes ne dépendent pas de nous et de surcroît ne nous veulent rien. Par contre, l'idée que nous nous en faisons est totalement en notre pouvoir : "aucune (chose) ne nous inspire d'opinion à son sujet ni ne vient nous solliciter, mais que les objets restent immobiles et que c'est  nous qui formons nos jugements sur eux et les gravons, pour ainsi dire, en nous-mêmes." (Marc-Aurèle, Pensées).
        L'homme étant essentiellement volonté, il possède le "libre arbitre". Il a donc entre ses mains la clé du bonheur, qui est avant tout "paix de l'âme". Pour cela, il faut distinguer ce qui a du prix de ce qui n'en a pas. La simple vie biologique, les divagations de l'imagination, les passions, sont choses de peu de prix, inaptes à nous procurer la paix de l'âme. Marc-Aurèle, empereur romain, se méfie spécialement des honneurs, de la gloriole, qui sont les meilleurs exemples de la vanité (recherche de ce qui est vain, inutile) : "Détourne les yeux de la promptitude de l'oubli où tombent toutes choses, et sur le gouffre du temps infini, de part et d'autres ; sur la vanité du bruit qu'on fait ; la versatilité et l'irréflexion de ceux qui ont l'air d'applaudir, les limites étroites où c'est circonscrit : toute la terre n'est qu'un point et, sur ce point, combien est réduite cette partie qui est habitée! " La paix de l'âme est d'abord intérieure. Contre cette tendance naturelle mais illusoire qui consiste à aller chercher le bonheur ailleurs, le stoïcisme rappelle qu'il n'y a pas d'ailleurs où je ne sois pas quand j'y suis : "tu seras, où que tu abordes, suivi de tes vices.(...) Tu fuis avec toi. Il te faut déposer ce qui fait poids sur ton âme : aucun lieu jusque là ne te donnera du plaisir. " (Sénèque, vingt-huitième lettre à Lucilius).
        Il ne faut pas croire pour autant que le stoïcisme soit une doctrine du chacun pour soi, car il nous faut garder conscience que nous ne sommes qu'une partie d'un tout. Ma paix intérieure passe par la reconnaissance de ma place parmi les autres, dans le monde. "Posons d'abord pour fondement que je suis une partie du tout que gouverne la nature (...). La partie ne peut souffrir de ce qui contribue au bien du tout." (Marc-Aurèle). Nous resituer ainsi comme "oeuvres de la nature" nous aidera notamment à ne plus craindre la mort. C'est la nature qui nous a fait entrer dans la pièce, à elle de nous en faire sortir. "Car celui-là fixe le terme qui est cause de l'assemblage de ton être comme de ta dissolution. Mais tu n'est cause ni de l'un ni de l'autre. Pars donc de bonne grâce pour répondre à la bonne grâce de celui qui te libère."
        Loin d'être une philosophie morale de la démission, le stoïcisme se donne une conception exigeante du bonheur. Exigence d'une intelligence droite, qui tient à reconnaître le partage entre ce qui relève de mon pouvoir et ce qui n'en relève pas, exigence d'une volonté constante qui s'efforce autant d'accepter l'inévitable que de prendre en charge avec courage ce qui dépend de moi.

La volonté de puissance

        Au lieu de réfléchir aux valeurs mêmes qui servent à définir le bonheur, et qui ne sont que traductions de choix plus primitifs, il serait peut-être plus judicieux de s'interroger sur le choix de ces valeurs, autrement dit sur la valeur de ces valeurs. Les valeurs n'étant que résultats d'un travail d'évaluation, il faut se pencher sur cette opération, et en même temps sur son auteur, l'évaluateur. "La morale n'est qu'un discours codé, qu'une symptomatologie : il faut déjà savoir de quoi il retourne chez elle pour en tirer partie." (Nietzsche, Crépuscule des idoles).
        Qui veut la tranquillité, au fond ne veut pas de la vie. Car la vraie tranquillité est celle de la mort, alors que la vie est nécessairement inquiétude, plaisirs et peines indissociables. L'épicurisme peut être considéré comme une forme de vie perverse, de vie contre la vie, qui ne veut vivre que pour sentir l'absence de vie. L'altruisme, quant à lui, n'est que dissimulation de la crainte du prochain, c'est encore une logique de l'inversion. Car il y a deux manières d'être qui s'opposent radicalement : agir et réagir. Les réactifs, les "faibles", n'ont d'autre force que de refuser ce qui est fort, donc de refuser ce qui est bon du point de vue de la vie. Leur logique fondamentale est celle du ressentiment , il s'agit d'en vouloir à, de s'en prendre à. "La révolte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment  lui-même devient créateur et enfante des valeurs : le ressentiment de ces êtres, à qui la vraie réaction, celle de l'action, est interdite et qui ne trouvent de compensation que dans une vengeance imaginaire. " (La généalogie de la morale). Le coup de génie des prêtres, estime Nietzsche, est d'avoir renversé la direction du ressentiment, pour la faire diriger contre soi-même, afin que chacun devienne son propre fossoyeur. 
        Le "fort" n'a guère comme souci de réagir, mais plutôt d'affirmer son existence, c'est-à-dire sa puissance. Contrairement au ressentiment, il est d'abord affirmation. Peu importent pour lui les peines, car le choix véritable n'est pas entre plaisirs et peines, mais entre petit jeu (petites peines, petits plaisirs) et grand jeu (grands plaisirs au risque de grandes peines). Le vrai critère du choix, c'est la quantité de souffrance à laquelle on est capable de faire face : "le degré de souffrance auquel un homme peut atteindre suffit presque à déterminer sa place dans la hiérarchie. (Par delà le bien et le mal). Le bonheur n'est plus alors petits calculs pour se rapprocher du néant, mais affirmation de sa puissance, au risque éventuel de se perdre. Mais comme ce jeu est dérangeant, celui qui ne fait qu'affirmer sa vie devra faire face à la coalition nombreuse des adversaires de tout trouble, des tenants, avoués ou implicites, de l'ataraxie : à l'inverse de la formule usuelle, il faut donc défendre les forts contre les faibles. "Les plus forts et les plus heureux sont faibles dès qu'ils ont contre eux des instincts grégaires organisés, la pleutrerie des faibles, le trop grand nombre.(...) Si étrange que cela semble, on a toujours à défendre les forts contre les faibles, les heureux contre les malchanceux(...)." (Nietzsche, Fragments posthumes, in La volonté de puissance).

Le  bonheur des autres et la vertu de l'égoïsme

        L'altruiste veut le bonheur d'autrui. Mais quel bonheur ? Car, comme on l'a vu plus haut, si l'accord est presque général sur le fait que le bonheur est le souverain bien, les divergences sont grandes quant au contenu précis de ce qu'il faut viser. Celui qui veut le bonheur d'autrui veut-il pour autrui le bonheur tel que celui-ci le conçoit, ou veut-il imposer à autrui sa propre conception  du bonheur ? Avec en arrière-fonds le beau projet de ramener autrui sur la bonne voie, c'est-à-dire la mienne : vouloir à toutes fins le bonheur d'autrui est , c'est au fond la face souriante de tous les totalitarismes. De plus, si chacun vivait pour le bonheur des autres, cela reviendrait logiquement à dire que le bonheur de personne n'est finalement visé. Le meilleur service que je puisse rendre à autrui, c'est de m'occuper de mon propre bonheur, car d'une part je le décharge ainsi du lourd fardeau de devoir supporter mon malheur, d'autre part je lui laisse la vraie chance de constituer son bonheur, qui ne peut être que son oeuvre propre.
        C'est dans cette optique que la philosophe et romancière américaine Ayn Rand se propose de revaloriser ce qu'elle appelle "la vertu d'égoïsme", titre de l'un de ses livres. Elle montre notamment que l'idée d'un amour qui soit pur altruisme est un non-sens : "Un amour «altruiste» et «désintéressé» est une contradiction dans les termes - cela signifie que l'on est indifférent à ce que l’on valorise. " Il y a un fond de stoïcisme dans cette démarche, puisqu'il s'agit de comprendre que mon bonheur procède de ce qui dépend de moi, tandis que le bonheur d'autrui procède de ce qui n'en dépend pas. Si aimer, c'est valoriser, seul un homme qui commence par se valoriser lui-même peut être capable d'aimer. "Seul un homme rationnellement égoïste, un homme qui a l’estime de soi est capable d’amour, parce qu’il est le seul homme capable d'avoir des valeurs fermes et cohérentes, sans compromis et avec intégrité. L’homme qui ne se valorise pas lui-même, ne peut valoriser personne ni quoi que ce soit. C'est uniquement en se fondant sur l'égoïsme rationnel, sur la justice, que les hommes peuvent avantageusement se réunir pour vivre ensemble dans une société libre, pacifique, prospère, bienveillante et rationnelle." (La vertu d'égoïsme).

Suggestions de lectures

* Aristote, Éthique à Nicomaque, livre I (chapitres 1 à 10), livre X (chapitres 4 et 7 à 9).
* Épicure, Lettre à Ménécée.
* Sénèque, La tranquillité de l'âme.
* Nietzsche, Par de là le bien et le mal, (cinquième partie).

Rubrique "à éviter"

* Utiliser la notion de bonheur comme allant de soi, sans tenter d'en spécifier le contenu. Là comme ailleurs, ne pas oublier que toutes les notions essentielles d'un sujet doivent faire l'objet d'un travail conceptuel.
* Ne pas se contenter de l'exposé d'une thèse, mais s'efforcer d'en relever aussi les difficultés, c'est-à-dire ne pas oublier l'exigence de problématisation.

Questions de révision et d'approfondissement

Pour que ces questions soient efficaces, il ne suffit pas de les survoler en se disant "ça, je saurais y répondre", ou à l'inverse "je n'y arriverai jamais". Il faut tenter d'y répondre coûte que coûte, même pas très bien, le mieux étant devant témoin (mais si...). Car c'est très différent de faire et de croire pouvoir faire. Ça peut se jouer à charge de revanche, ou encore alternativement.

* Qu'appelle-t-on un "acte gratuit" ?
* Pour quelles raisons peut-on nier qu'un acte gratuit soit possible ?
* En quoi la notion de but pose-t-elle un problème de régression à l'infini ?
* Est-il justifié de demander à quelqu'un pourquoi il veut être heureux ?
* Qu'entend-on par l'expression de "souverain bien" ?
* Peut-on trouver des idéaux de bonheur complètement opposés ?
* Quels sont les idéaux de bonheur les plus fréquents ?
* Y a-t-il une historicité de la notion de bonheur ?
* Peut-on déterminer précisément ce qui est susceptible de rendre heureux ?
* Peut-on être heureux sans le savoir ?
* Pourquoi Kant qualifie-t-il le bonheur d'idéal de l'imagination ?
* Peut-il y avoir bonheur dans l'inaction ?
* En quoi l'adéquation à soi-même doit-elle s'acquérir ?
* Le bonheur est-il nécessairement lié à la vertu ?
* Quelle importance accorder à la prudence ?
* Peut-on parler d'un bonheur fugitif ?
* Comment peut-on concilier un idéal de vie contemplative avec la reconnaissance de ce que la vie est action ?
* Est-il si facile d'identifier clairement ce qu'est un plaisir et ce qu'est un déplaisir ?
* Ne peut-il exister de sentiments ambivalents qui soient à la fois plaisir et déplaisir ?
* Qu'est-ce qui fait la difficulté d'un calcul des plaisirs ?
* L'ataraxie est-elle un idéal de vie paradoxal ?
* En quoi le recentrement par délimitation de son pouvoir propre correspond-il à une exigence ontologique essentielle ?
* Ne peut-il y avoir illusion dans la reconnaissance de ce qui dépend de soi et de ce qui n'en dépend pas ?
* Dans un mode d'interdépendance, peut-il exister deux situations qui soient absolument indépendantes l'une de l'autre ?
* Est-il si aisé de distinguer ce qui serait vain de ce qui ne le serait pas ?
* En quoi est-il important de se comprendre comme une partie indissociable du monde ?
* Est-il si raisonnable de ne pas craindre la mort ?
* En quoi peut réellement consister une "paix intérieure" ?
* Chercher l'évaluateur derrière la valeur, n'est-ce pas instaurer une morale du soupçon ?
* En quoi le ressentiment est-il fondamentalement nuisible à la vie ?
* Quelle différence entre l'affirmation de la puissance et la recherche du pouvoir ?
* En quoi la souffrance peut-elle être partie intégrante du bonheur ?
* Pourquoi faudrait-il protéger les forts contre les faibles ?
* Qu'est-ce qui permet d'assimiler paradoxalement l'altruisme à une forme de ressentiment ?
* En quoi est-ce que s'occuper de soi-même est le plus grand service que l'on puisse faire à autrui ?
* Peut-on faire le bonheur des autres ?
* Pourquoi les choix de vie d'autrui sont-ils souvent difficiles à comprendre et à accepter ?
* En quoi peut-on tenir, comme Ayn Rand, l'égoïsme pour  la première de toutes les vertus ?
* Peut-on concevoir, comme le suggère Nietzsche, qu'il existe des bons malheureux et des méchants heureux ?
Pour en savoir plus

* tpi sur le bonheur

 

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