|

|
 |
L'explication de texte |
|
|

Modification du libellé du troisième sujet de philosophie au baccalauréat général, à partir de la session 2002, parue au bulletin
officiel n°23 du 7 juin 2001 (Page 12). Le troisième sujet de l’épreuve de philosophie des séries générales ES, L
et S, est constitué par un texte accompagné de la consigne : « Dégager l’intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée.»
De façon à rendre plus explicite le sens de l’épreuve pour les candidats, cette consigne sera formulée, à partir de la session 2002, de la façon
suivante :« Expliquer le texte suivant : [Texte, auteur et titre]. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il
suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. »
Il convient de veiller à ce que les élèves soient informés par leur professeur de cette nouvelle formulation, en leur expliquant bien qu’il ne s
’agit pas d’un changement de nature du troisième sujet, mais d’un éclaircissement sur la façon dont ils doivent comprendre ce troisième sujet.
L’information devra être faite le plus tôt possible dans l’année pour que les élèves aient le temps de s’habituer à cette consigne.

Décret n° 93-1092 du 15 septembre 1993 (BO spécial n°4 du 23 septembre 1993).
"L'un des trois sujets de chaque série est constitué par un texte
philosophique Dans toutes les séries, ce texte est emprunté à un auteur qui figure dans la liste du programme. La nature de l'épreuve incite à éviter les
textes les plus fréquemment expliqués en classe. Il est souhaitable que le texte ait une longueur de dix à vingt lignes ; un texte trop court revient à
une citation ; un texte trop long décourage les candidats. Le texte choisi concerne un problème essentiel en rapport avec la partie des programmes de
philosophie des classes terminales relative aux notions. Les candidats doivent être explicitement invités à en dégager l'intérêt philosophique en procédant
à son étude ordonnée, c'est-à-dire à montrer, par sa compréhension précise, ce dont il est question dans le texte. Le candidat
n'est pas tenu de se référer à la doctrine de l'auteur ni à l'histoire de la philosophie. Le texte doit être choisi de telle sorte qu'il permette de
poser, éventuellement de résoudre, un problème philosophique qu'il s'agit de saisir en lui-même. Pour le faire, et pourvu qu'il le fasse, le candidat
n'est soumis à aucune méthode imposée ; il suffit que l'étude du texte n'en soit pas la paraphrase et qu'elle soit ordonnée, c'est-à-dire qu'elle soit
l'exercice philosophique de la réflexion méthodique et critique."

Le troisième sujet proposé au baccalauréat est un court texte extrait d'un philosophe au programme,
précédé de la formule réglementaire " Dégagez I'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée".
Il ne s'agit donc nullement d'un vague travail de commentaire libre, ni d'une
paraphrase plus ou moins approximative du texte, ni d'un prétexte à disserter en rapport plus ou moins lointain avec un thème ou une notion du texte.
Le devoir doit impérativement s'organiser autour de deux préoccupations : l'étude
ordonnée et l'intérêt philosophique. Comme les textes officiels le précisent, aucune méthode particulière ne peut être exigée
à cet égard. On peut concevoir par exemple qu'un élève fasse simultanément les deux opérations. Mais, comme d'une part beaucoup éprouvent quelques
difficultés du côté du dégagement de l'intérêt philosophique, que d'autre part il est nécessaire de bien montrer au lecteur qu'on remplit son contrat, la
méthode la plus prudente, et la plus sûre pour la plupart des candidats, consiste à faire deux parties successives, la première dédiée à l'étude
ordonnée, la seconde à l'intérêt philosophique. Il est certain que cette méthode comporte des inconvénients possibles, telle la difficulté de ne pas se répéter.
Il faut, bien sûr, respecter en même temps les exigences de la dissertation,
telles qu'elles sont définies par ailleurs. Ce type de sujet n'est donc pas plus "facile", et il serait tout à fait illusoire de le considérer
comme un refuge tranquille, comme le font à leurs dépens certains candidats naïfs à l'examen.

Il s'agit d'exprimer l'argumentation exposée dans le texte, en mettant en ordre
les idées de l'auteur. Il est possible que celui-ci ait préféré, dans l'extrait proposé, bousculer l'ordre logique de la démonstration, pour des
raisons diverses et probablement justifiées : obtenir un effet de rhétorique, ébranler volontairement le lecteur en le déroutant
par une affirmation qui ne sera qu'ultérieurement démontrée, ou encore exposer une thèse ensuite réfutée. Il est nécessaire dans ces cas de
restaurer l'argumentation, y compris dans ce qu'elle a éventuellement de partiellement sous-entendu.
Mais le texte peut aussi bien être rédigé selon un enchaînement strictement
logique. Dans ce cas, qui est fréquent, il convient donc de suivre l'ordre d'exposition.
Le premier travail indispensable consiste à bien repérer la thèse soutenue par l'auteur. Pour cela, il est évidemment nécessaire de lire le texte
plusieurs fois : on n'a jamais trop lu un texte à expliquer. Il est inutile, et même le plus souvent désastreux, de se lancer dans une quelconque rédaction,
avant d'avoir procédé à un travail préalable de compréhension.
On peut mener cette recherche indispensable de la manière suivante : -
essayer de voir si, comme c'est généralement le cas, le texte peut être découpé en parties; - résumer
chacune de ces parties en une phrase : on obtient ainsi le plan de l'extrait; -
essayer de résumer l'ensemble du texte en une phrase qui pourrait lui servir de titre : on obtient ainsi un énoncé de la thèse;
- chercher à quels concepts philosophiques, et éventuellement à quelle problématique
connue se rattache cette thèse, tout en restant très attentif à la spécificité de l'argumentation exposée dans le texte.
Pour la rédaction du devoir :
- annoncer dans l'introduction la nature du problème soulevé par le texte, et,
éventuellement, à condition de ne pas trop alourdir, ni de faire répétition avec la suite du développement, indiquer brièvement la thèse de l'auteur ou
le plan de son argumentation; - construire pour cette première partie autant de paragraphes qu'on aura
distingué de parties dans le texte. Attention : tant l'introduction que le développement ne doivent contenir aucune
considération étrangère au contenu précis du texte. Notamment, les dates de naissance et de mort, la bibliographie de l'auteur, un résumé de son
oeuvre, sont proprement hors-sujet. En outre, on proscrira absolument les divers lieux communs usuels, du genre "ce grand philosophe allemand qui a révolutionné,
etc." L'étude ordonnée ne sollicite aucunement l'opinion du candidat, il s'agit de rendre compte, de la manière la plus complète possible, de l'argumentation, de la
problématisation effectuées par l'auteur. D'où le slogan : "Tout le texte, rien que le texte".

Il s'agit du dégagement de I'intérêt philosophique du texte soumis à réflexion,
et non d'un propos général composé de considérations diverses, ayant un rapport plus ou moins lointain avec les notions ou la thèse exprimés dans cet
extrait précis. Ce n'est en particulier pas le lieu de rameuter sans autre liaison quelques souvenirs de cours ou de lectures sur le même thème, ni de
faire un exposé général du système philosophique de l'auteur.r.
On attend du rédacteur du devoir qu'il fasse preuve de sa compréhension de la problématique mise en oeuvre par l'auteur, qu'il montre en quoi cette manière
d'aborder les choses fait avancer la question. Le but est donc de montrer que le texte donne à réfléchir. Ce peut être, à titre d'exemple :
- parce qu'il élabore une notion ou une argumentation nouvelle, dont la pensée
ultérieure révélera la fécondité. Ce cas suppose d'être en état de faire appel à la connaissance de textes d'autres auteurs abordant la question, étant
bien entendu qu'il ne peut s'agir d'établir un catalogue d'opinions diverses.
- parce qu'il aborde une notion ou une question de façon originale par rapport aux pensées qui lui sont antérieures ou contemporaines. Ce cas suppose également
d'être en état de rappeler un certain contexte historique de la question.
- parce qu'elle réfute une thèse d'un autre auteur, ou une thèse du sens commun, thèse dont il faudra alors montrer comment et pourquoi elle était
pensable, mais aussi pourquoi l'auteur pense qu'il n'est pas possible de la maintenir.
Il n'est possible ni de se contenter d'émettre son opinion personnelle sur la question, ni d'opposer simplement à la thèse de l'auteur une thèse supposée
opposée. Dans tous les cas, les soucis de méthode et de rigueur, notamment dans la construction,
doivent rester les mêmes que ceux de la dissertation. Il est donc indispensable de ne pas perdre de vue les indications données par ailleurs à ce sujet.
Un dernier conseil enfin : qu'il s'agisse de
l'étude ordonnée ou du dégagement de l'intérêt philosophique, ne jamais oublier que l'extrait proposé n'est précisément qu'un extrait, qui n'avait
pas été conçu par son auteur comme devant être lu à part, mais qui faisait partie d'un ensemble, avec toutes les conséquences pratiques que cela comporte.
|