option
 musique

Nouvelles et essais, par Julius Nicoladec

Retour à la liste des chroniques

An Suzuki

Céramiste et illustratrice à Saint-Sulpice

An Suzuki, née à Paris, vit ses premières années aux USA. Après des pérégrinations diverses, elle vit désormais dans la Nièvre, lieu de ses origines familiales en compagnie de son époux, Michio Suzuki, de nationalité japonaise. Elle a poursuivi des études à l’École Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts à Paris, est détentrice d’un CAP de décoratrice faïencière avec spécialisation en chimie des métaux, et d’une licence d’Arts plastiques. Si l’œuvre de céramiste est un aspect particulièrement remarquable de sa production, sa créativité se manifeste par ailleurs de manière très diversifiée, à travers des activités individuelles ou collectives. Son travail s’est partagé entre l’animation et les interventions en écoles, médiathèques, centres de loisirs, ateliers pour handicapés mentaux, etc., et, outre les céramiques, la réalisation de carnets de voyage, de livres illustrés, de BD…

La céramique

An et Michio Suzuki réalisent « à quatre mains » des objets en céramique, grès et porcelaines, plats, coupes, bols, tasses, etc. Ces productions associent une grande maîtrise technique et un travail d’expérimentation à une recherche artistique variée et raffinée. An a été animatrice de la réalisation de plusieurs céramiques murales collectives, à Nevers et ailleurs, dans le cadre de projets de quartiers. Elle a été lauréate du concours 1% architectural pour la réalisation d’une céramique murale au collège de Dornes.

Les ateliers Manga

En symbiose avec son mari Michio, elle revendique l’influence de la culture japonaise, notamment marquée par le pictogramme, qui relie directement la langue écrite à une représentation visuelle. Ainsi, dans ses ateliers Manga, à destination tant des enfants que des adultes, commence-t-elle par montrer ces dictionnaires scolaires où l’explication des idéogrammes est donnée sous forme de petits dessins. Ces ateliers, « Apprends à dessiner comme tu écris », en opposition à une certaine tradition occidentale, sont menés sous le principe stimulant du « sans gomme ni remords ». On y travaille directement à l’encre, et non au crayon qui permettrait rectification. Par cette pratique consistant à dessiner spontanément au fil de la pensée, sans calcul préalable, sans retour constant sur ce qui a été fait, se trouve libérée la créativité de chacun. D’autre part le spectateur, le promeneur par qui le paysage a lieu, n’ y est pas occulté. Il est au contraire introduit dans le dessin, sous la forme symbolique d’un raccourci graphique, main, œil, ou autre…

Urban Sketchers

An participe au mouvement « Urban Sketchers ». « USK » est une communauté internationale de dessinateurs qui privilégient l’observation directe de la vie urbaine, avec pour devise : « Voir le monde, de dessin en dessin ». Il s’agit de mettre en valeur la pratique du dessin « in situ », d’en promouvoir la valeur artistique, d’en souligner les dimensions narratives et d’établir des liens entre « croqueurs » à travers le monde. Ses membres se reconnaissent dans une charte parue sur internet en 2007.

Le voyage

Carnet de notes à portée de main, l’œil toujours ouvert sur le paysage et les personnes qui l’habitent, An se compare elle-même à un oiseau voyageur qui se pose ici et là, par exemple dans l’Yonne ou en Rhénanie-Palatinat. Crayon, encre, aquarelle ou feutre, le dessin laisse transparaître à la fois émotion et humour. Ses carnets de voyage, qui ont fait l’objet de plusieurs expositions, s’intéressent à toutes choses, notamment aux bateaux, entre autres le navire-hôpital portugais Gil Eannes, le cargo québécois Bella Desgagnès, le navire-clinique japonais Saïseï Maru, qui ont fait chacun l’objet d’un carnet. Elle est également l’auteur de l’insolite « Going USA 1962, la prisonnière du France », roman graphique paru aux éditions « Juste pour lire », évoquant, en mêlant fiction et autobiographie, le voyage qu’elle fit sur le paquebot France l’année de sa naissance, en compagnie de son frère et de sa mère, pour rejoindre à Boston son père, Louis Pouzin, connu comme un précurseur important d’internet. Elle y mêle, de manière légèrement uchronique, le voyage de « La Joconde », le célèbre tableau provisoirement prêté par la France aux USA.

La caricature

Très choquée par les attentats de Charlie Hebdo, An entama une réflexion sur la caricature. Il ne faut pas perdre de vue que c’est l’auteur qui entreprend de charger volontairement certains traits, parce qu’il les juge drôles, ou ridicules, voire nuisibles, qu’ils procèdent d’un travail créatif de mise en perspective, et que ce ne sont pas nécessairement telles quelles des caractéristiques objectives de (ce) qui est caricaturé : « c’est le regardeur qui en donne le sens avec une projection dans le dessin ». Elle organise donc à Fourchambault en 2015 une séance consacrée à la caricature, « Apprenons à nous croquer et à en rire », à destination des 10-18 ans. Elle rapporte d’abord quelques aperçus historiques, du moyen âge à nos jours, puis offre à chacun l’occasion de s’y lancer, notamment en proposant l’expérience passionnante, mais éventuellement déroutante, de tenter son autocaricature. Une autre spécialité d’An Suzuki est le leparello, encore appelé « carnet japonais » ou « livre accordéon ». S’y déploie un dessin horizontal, qui permet une sorte de narration graphique.

Pour en (sa)voir plus

– Contact :  an.suzuki@free.fr
– Les céramiques : http://ceramovida.free.fr/
– Bref souvenir d’un passage à Prémery : http://www.galerie34-premery.fr/artistes/suzuki.php
- « Going USA 1962 » : https://www.bedetheque.com/BD-Going-USA-1962-Tome-1-La-prisonniere-du-France-183560.html

- Urban sketchers Bourgogne-Franche-Comté : https://www.facebook.com/groups/1849138968679040/

Julius NICOLADEC

La revue Florilège

Pour changer de registre

Quelques textes un peu plus légers, et qui néanmoins valent le détour, à lire dans les recueils de nouvelles


Écrire à l'auteur

màj 221008

Retour
à la page d'accueil

1510085 / 1407